L'habitat spontané
Il faut savoir que Ouagadougou s’étend sans cesse, que des quartiers autrefois situés dans les parties pauvres de la ville ont évolué vers le mieux. Mais que la périphérie, par contre, est toujours la proie de l’habitat « sauvage », du « non loti ». Pas d’eau, pas d’électricité, pas d’égout. Pas d’écoles, pas de centres de santé. Des personnes, souvent des femmes isolées ou veuves, des grands-mères en charge de leurs petits-enfants y vivotent de petits métiers.
Ces cases sont situées le long de chemins qui n’ont pas le statut de rue et par conséquent n’ont pas de numéro de référence.
Par exemple, l’adresse se libelle comme « en face de l’entrée principale de l’Institut IMAM ALI » ou « Zone non lotie sise côté Nord du château d’eau ONEA après Sainte Tabitha Dorcas » !
Souvent pas d’armoire dans ces cases, d’où les précieux documents – naissance ou autres actes – sont conservés vaille que vaille dans un plastique, pour les préserver de la poussière qui s’infiltre partout.
Les familles s’approvisionnent en eau auprès des bornes fontaines. Pendant certaines périodes de l’année, on note des coupures d’eau dans ces zones, ce qui amène les familles à passer de longues d’heures d’attente. Les enfants prennent souvent le relais de leurs parents après les classes, ce qui peut les empêcher d’étudier ou peut réduire leur temps d’études ou de révisions de leurs cours.
Etudier à la lampe de poche
Le manque d’électricité dans les maisons est aussi un problème et influence négativement les résultats scolaires de certains enfants. La grande majorité étudie la nuit à l’aide de lampes à piles (voir photo ci-dessus). Ces lampes à piles peuvent à la longue causer chez les enfants des problèmes de vision à cause de la mauvaise qualité des appareils en question.
Ce qui est extraordinaire, c’est que malgré ces conditions difficiles, ce garçon, par exemple, a amélioré ses résultats et a réussi son année avec 6,66/10 de moyenne. Chapeau !
Terrains inondables
Pendant la période hivernale, ces familles sont souvent victimes d’inondation. Les raisons sont multiples : l’absence de canaux d’évacuation des eaux de pluies, la mauvaise qualité des matériaux utilisés pour la construction des maisons et – pire – le fait de s’installer dans des zones inondables. Les enfants sont souvent les premières victimes et se retrouvent sans abri. Ils perdent parfois dans les pluies leurs fournitures scolaires (sacs d’écoliers, livres, cahiers, stylos, etc).
